
Larsson ne se laisse jamais surprendre...
La dure vie d'un privé
Jack avait rédigé un formulaire d’offre d’emploi, un simple carton scotché sous sa magnifique plaque professionnelle : « Recherche secrétaire à plein temps ». Dans l’après-midi même, Eloïse s’était présentée au bureau. Il avait immédiatement su qu’elle ferait l’affaire, et quelle affaire !
L’adorable personne n’était pas venue seule, un ange gardien de quatre vingts kilos environ l’accompagnait. Il n’avait pas l’air commode et surveillait la femme d’un œil anthracite et obséquieux qui ne donnait pas envie de manquer de respect à madame. L’ œil bien noir, le chaperon l’était aussi. Pas ivre, non pas saoul, noir simplement noir. Jack, loin d’être raciste hésita un instant avant d’autoriser le couple à pénétrer dans les locaux. Il n’eut pas son mot à dire. Les deux visiteurs s’introduisirent d’autorité dans la salle d’attente, comme un seul homme ou comme une seule femme, personne n’aurait osé leur barrer le passage.
Une cliente de luxe.
Tous deux entrèrent dans le bureau. Jack remarqua surtout les longues mains de la jeune femme, mains manucurées, ongles courts et brillants passés au vernis incolore discret. Elle s’assit avec délicatesse dans un fauteuil qui faisait face au bureau de Jack. Elle tenait son sac contre sa poitrine avantageuse et décolletée qui brouillait sensiblement l’esprit du détective. Le privé ne se privait pas...du coup d’œil plongeant.

Qu'est-ce t'as fait du corps ?
L’agence dacquoise du détective Jack Larsson battait de l’aile, ce dossier tombait à pic, juteux à souhait. Malgré les formes exceptionnelles de sa jeune cliente Jade qui lui laissait espérer quelques moments délicieux en plus d’un beau pactole, l’enquêteur hésitait. Il trouvait la proposition trop belle pour lui, à l’image de la créature. Son expérimentée secrétaire Eloïse, libertine et gourmande, l’avait convaincu du contraire. S’il ne prenait pas l’affaire l’agence mettrait la clé sous la porte.
Le commissaire Beauman tenait Jack, l’assassin de Jade. De leur côté Eloïse et Sylvestre conte de Bridoire, clients assidus et actifs de la boîte échangiste « L’Extasia », peaufinaient leur plan. Jack, le boss, ne pourrirait pas dans une cellule insalubre de la maison d’arrêt de Mont-de-Marsan.
Au commissariat, Beauman hurla : « Où qu’t’as mis le corps Jack ? »
Moi, détective Larsson !
L’heureux retraité apaisé porte ses presque quarante balais avec bonheur, beau gosse, un johnny, mi John Wayne, mi Tabarly. Quelques rides profondes marquent son faciès buriné de baroudeur, yeux bleu charrette, presque gris, nez épaté, oreilles décollées, stigmates d’une carrière rugbystique récente, larges épaules, chevelure brune coiffée en brosse, lèvres charnues auxquelles le garçon n’oublie jamais d’accrocher, heureux ou malheureux, un sourire à la George Clooney. Il a rasé sa moustache qui lui donnait, selon lui, un air trop prononcé de soldat des régiments Écossais les fameux et furieux Highlanders. Un beau mec ce François, ce Jack, un landais type, un type de landais, célibataire qui n’a pas l’accent scandinave mais rocailleux du Sud-ouest. Célibataire c’est vite dit. Parfois marié, pour un mois, un jour, une heure, un chien sans laisse auquel pas une seule belle n’a encore pu coller un collier. Il se méfie le bougre mais le pire n’est jamais certain.

Jack craque !
Jack imaginait Jade, cette cliente aux longues jambes dans son tailleur gris, cette blonde qui sentait bon le jasmin. L’ invitation ne cachait pas le moins du monde les intentions affichées de la dame. Elle souhaitait passer un bon moment ou un mauvais quart d’heure entre les mains du privé, c’était selon. Il se méfait, il la trouvait aussi dangereuse qu’attirante mais il aimait le risque et douze billets de cinq cents euros ça se mérite, même si l’on doit donner de sa personne.

Ocotobre 2024
Octobre 2024

Jack tombe dans le piège !
La petite voiture de sport, un cabriolet Triumph rouge, rangée au bord de la chaussée à l’orée du bois de Boulogne fit se retourner Manuel De Frutos. En cette période de l’année les promeneurs se faisaient rares dans ce secteur boisé et marécageux, surtout en raison des inondations de l’Adour capricieuse. Comme tous les après-midi, lorsqu’il ne pilotait pas un TGV entre Paris et Dax le cheminot entretenait sa condition physique. Il préparait le marathon du Médoc.
Jack se méfie
Jack imaginait Jade, cette cliente aux longues jambes dans son tailleur gris, cette blonde qui sentait bon le jasmin. L’ invitation ne cachait pas le moins du monde les intentions affichées de la dame. Elle souhaitait passer un bon moment ou un mauvais quart d’heure entre les mains du privé, c’était selon. Il se méfait, il la trouvait aussi dangereuse qu’attirante mais il aimait le risque et douze billets de cinq cents euros ça se mérite, même si l’on doit donner de sa personne.

Mars
2020

Les Landes et les jolies femmes